Chimie verte
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Chimie verte

Chimie verte ≠ biochimie ≠ biotechnologie ≠ chimie du végétal

Beaucoup pensent que si c’est chimique, ce n’est pas naturel !

Le mot « chimie »  est souvent associé à « danger », mais la chimie n’est qu’une science ! C’est son application qui peut être potentiellement dangereux.

Pensant “chimie” nous pensons “industrie chimique ou pétrochimique”. Cette industrie peut être source de risques systématiques de pollution de l’environnement, mais en même temps, c’est la chimie qui permet de trouver des solutions pour améliorer la situation ou trouver les alternatives non-polluantes.

Voici quelques exemples connus des substances chimiques dangereuses utilisées notamment dans l’industrie du plastique:

  • Bisphénol A ou BPA (utilisé dans la fabrication des plastiques et résines) : perturbateur endocrinien;
  • Phtalates (utilisés comme additifs pour assouplir les plastiques) : perturbateurs endocriniens.

Depuis 1985 on essaye d’encadrer la responsabilité des industriels dans les éventuels dommages liés aux produits chimiques. En Europe, depuis 2007, le règlement REACH (Registration, Evaluation, Authorization of CHemicals), pour l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation des substances chimiques tente de:

  • maîtriser le risque chimique ;
  • protecter la santé humaine et l’environnement ;
  • developper la libre circulation des substances au sein du marché européen ;
  • renforcer la compétitivité et l’innovation européenne.

Les principes de l’industrie chimique propre er durable ont donnés naissance à une nouvelle branche de la chimie conventionnelle – la chimie verte, qui se concentre principalement sur les pratiques industrielles !

La chimie verte, c’est quoi ?

La chimie verte, appelée aussi chimie durable ou chimie écologique, prévoit la mise en œuvre de principes pour réduire et éliminer l’usage ou la génération de substances néfastes pour l’environnement, par de nouveaux procédés chimiques et des voies respectueuses de l’environnement*

La prise en compte des exigences du développement durable a conduit à une sélection de procédés que l’on a appelée la chimie verte.

Le développement durable est l’ensemble de trois composantes :

  • le respect de l’environnement ;
  • le développement économique ;
  • l’acceptation sociale.

Tandis que l’écologie est la chimie de l’environnement naturel, s’intéressant surtout aux polluants chimiques présents dans la nature, la chimie verte cherche à réduire et à éviter la pollution depuis sa source*.

La chimie verte repose sur douze principes fondateurs qui ont été formulés par Paul Anastase en 1998 :

  1. prévention : il vaut mieux produire moins de déchets qu’investir dans l’assainissement ou l’élimination des déchets ;
  2. économie d’atomes : les synthèses doivent être conçues dans le but de maximiser l’incorporation des matériaux utilisés au cours du procédé dans le produit final* ;
  3. conception de synthèses moins dangereuses : lorsque c’est possible, les méthodes de synthèse doivent être conçues pour utiliser et créer des substances faiblement ou non toxiques pour les humains et sans conséquences sur l’environnement* ;
  4. conception des produits moins toxiques : les produits chimiques doivent être conçus de manière à remplir leur fonction primaire tout en minimisant leur toxicité* ;
  5. alternatives aux solvants polluants et aux substances nocives : lorsque c’est possible, il faut supprimer l’utilisation de substances auxiliaires (solvants, agents de séparation, etc.) ou utiliser des substances inoffensives. Des méthodes non conventionnelles d’activation peuvent être utilisées : utilisation de l’eau comme solvant, de fluides supercritiques, chauffage par micro-ondes, remplacement par des liquides ioniques, etc.* ;
  6. limitation des dépenses énergétiques : les besoins énergétiques des procédés chimiques ont des répercussions sur l’économie et l’environnement dont il faut tenir compte et qu’il faut minimiser. Il faut mettre au point des méthodes de synthèse dans les conditions de température et de pression ambiantes* ;
  7. priorité aux ressources renouvelables : lorsque la technologie et les moyens financiers le permettent, les matières premières utilisées doivent être renouvelables plutôt que non renouvelables*;
  8. peu de dérivés : lorsque c’est possible, toute déviation inutile du schéma de synthèse (utilisation d’agents bloquants, protection/déprotection, modification temporaire du procédé physique/chimique) doit être réduite ou éliminée*;
  9. utilisation de réactifs catalytiques les plus sélectifs possibles : les réactifs catalytiques sont plus efficaces que les réactifs stœchiométriques.*
  10. prise en compte de la fin de vie des produits : les produits chimiques doivent être conçus de façon à pouvoir se dissocier en produits de dégradation non nocifs à la fin de leur durée d’utilisation, cela dans le but d’éviter leur persistance dans l’environnement *;
  11. contrôle accru de la production : des méthodologies analytiques doivent être élaborées afin de permettre une surveillance et un contrôle en temps réel et en cours de production avant qu’il y ait apparition de substances dangereuses *;
  12. chimie fondamentalement plus sûre : les substances et la forme des substances utilisées dans un procédé chimique devraient être choisies de façon à minimiser les risques d’accidents chimiques, incluant les rejets, les explosions et les incendies*.

Aujourd’hui, grace à cette nouvelle chimie du XXIe siècle les industriels s’investissent dans de nombreuses recherches cherchant à remplacer les substances toxiques et améliorer la qualité environnementale de leurs produits. En France, le prix Pierre Potier récompense les travaux les plus innovants dans ce domaine ! La chimie verte a contribué au développement de l’utilisation de la biomasse et des procédés issus des biotechnologies. Elle prend soin de l’avenir de l’Humanité tout en améliorant la vie d’aujourd’hui.

 

 

* Source partielle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chimie_verte